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Quand les problèmes sont des solutions : l'approche systémique

Olivier Friedman

systemie

Depuis des siècles, nous raisonnons selon une approche analytique : une cause produit un effet, et la même cause produit le même effet. Ainsi, face à un problème, on a naturellement tendance à en chercher la cause, en pensant qu’éliminer cette cause résoudra le problème. Et si on passait d'une vision linéaire à une vision circulaire : si le problème était en réalité une solution trouvée par le système à un problème plus global ? C'est le fondement de l'approche systémique.


Un système ?

Rappelons avant tout qu'un système est un ensemble d’éléments en interaction qui maintiennent sa structure. Et chacun de ces éléments est lui-même un système.

Ainsi, si l'on change un seul élément du système, c'est le système tout entier qui change, puisque tous ses éléments vont changer pour maintenir la structure du système. Un système est par construction complexe, puisque le nombre des interactions qui le maintiennent grandit exponentiellement avec le nombre d'éléments qui le composent. Prenons un exemple : un système composé de 3 éléments a 3 interactions (imaginez un triangle : 3 sommets connectés aux autres via 3 côtés). Ajoutons un seul élément et on obtient 6 interactions (les 4 sommets d'un carré sont connectés via les 4 côtés du carrés plus ses 2 diagonales), etc ... Imaginez dans une équipe de 10 personnes : le système tient sur 45 interactions !


Et alors ?

Et alors, en envisageant les choses avec un angle systémique et non analytique, on est tourné vers le futur et non plus vers le passé : on ne considère plus que le présent s'explique par le passé, mais que le présent influe sur le futur. En partant du principe que le système est tout entier instable, puisqu'il suffit qu'un seul de ses éléments change pour que tous soient bouleversés, on ne cherche plus à expliquer les comportements des individus qui le composent et qui seraient responsables d'une situation problématique. On cherche à agir sur les comportements pour atteindre une nouvelle solution. Et comme on est dans une vision cyclique, il y a fort à parier que la solution trouvée pour un problème en créera un nouveau. Par exemple, en analyse systémique, un bouc émissaire qui apparaît comme un problème à éliminer, est en réalité la solution que le système a trouvé pour éviter de résoudre un problème trop complexe à appréhender : se débarrasser du bouc émissaire, qui semblera alors la solution, ne fera que faire ressortir à nouveau ce problème plus gros ...


Les systèmes sont-ils soumis à des règles communes ?

Oui, tous les systèmes sont régis par 3 grands principes :

  1. La globalité : On connaît aussi ce principe sous le nom d'intelligence collective, ou sous le fait que le tout soit supérieur à la somme de ses parties, ... En d'autres termes, cela signifie que le système en lui-même fait émerger des choses qui ne seraient pas apparues si on avait laissé ses éléments séparément. Quelques exemples : avez-vous déjà essayé de manger un jaune d’œuf cru, puis de la moutarde et enfin de l'huile ? Probablement pas ... mais tous ces éléments mis ensemble peuvent donner la meilleure des mayonnaises. Et au bureau, ne vous est-il jamais arrivé d'avoir, en groupe, des idées qu'aucun membre de l'équipe n'avait eu seul de son côté ?

  2. L'homéostasie : Comme je l'ai écrit précédemment, le système repose sur le fait que ses éléments vont tout faire pour en garantir la stabilité. L'homéostasie, c'est cette volonté de rester dans sa zone de confort : l'équilibre que le système cherche à maintenir. Et quand il fait face à un changement, il va chercher à retrouver l'équilibre. C'est l'homéostasie qui explique les résistances au changement dans un système, et également que le non-changement doit toujours rester une option !

  3. L'équifinalité : Face à deux systèmes identiques, la même action provoquera des effets différents, puisqu'une action engendrera un mouvement sur tous les éléments du système. De la même manière, on peut prendre de nombreuses voies différentes pour arriver au même résultat. Prenons l'exemple de Ron Johnson, designer de génie qui inventa le concept de l'Apple Store avec le succès que l'on connaît. En novembre 2011, il est débauché par J.C. Penney, grand retailer américain, pour relancer le business dans les magasins de la marque. Il appliqua à la lettre la recette Apple : un déploiement massif, sans test, de magasins spacieux, clairs, dans lesquels il pensait que les gens viendraient s'amuser et acheter à des prix insensés. Un fiasco : en un seul trimestre, les ventes ont chuté de 32% ! Même action : deux conséquences opposées.


En résumé et pour commencer avec l'approche systémique : ne vous préoccupez pas du passé, mais cherchez à comprendre ce qui maintient l'homéostasie dans un système, et si vous voyez un problème, cherchez de quel autre problème plus complexe il est la solution.


Encore trop compliqué ? Contactez-moi et ensemble, nous créerons un nouveau système vecteur de solutions !

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